50 ans d’histoire du hip-hop, du Bronx aux JO de Paris en 2024

L’histoire du hip-hop est faite de légendes. À chacune de ses étapes, ce mouvement bouillonnant aura exploré toutes les formes d’expression, porté toutes les revendications, donné à toutes les voix un micro pour déclamer, aux corps une scène pour se libérer, à l’esprit des murs pour s’illustrer.

Les origines du hip-hop

Il fait chaud, ce 13 juillet 1977 à New York. Une chape de plomb est tombée sur la ville, le bitume est en fusion, les gamins dégoupillent les bouches d’incendie, mais les pompiers laissent couler. Quand vient enfin l’orage tant attendu, la foudre plonge la ville entière dans le noir pendant 36 heures. Durant ce black-out historique, les pillages s’orientent naturellement vers le matériel hi-fi. Dès le lendemain, le nombre de groupes de hip-hop explose. Ceux•elle•s qui n’avaient pas les moyens de jouer dans un groupe ont trouvé un nouvel instrument pour se mettre à la musique.

Le hip-hop dans les années 1980

La musique afro-américaine à la mode jusqu’alors, le funk et le disco, a peu à peu perdu de son identité sociale en s’installant au hit-parade. Le hip-hop, lui, s’empare de la rue avec ce qui lui tombe sous la main. Les artistes en devenir utilisent les vinyles déjà à disposition en extrayant des boucles (appelées breaks) passées sur deux platines, et en s’inspirant du dub jamaïcain pour la voix. Les premières block party, ou fêtes de quartier, apparaissent dans les sous-sols d’immeubles. Le son de pionniers comme DJ Kool Herc, souvent considéré comme celui qui a créé le hip-hop, commence à se répandre comme une traînée de poudre.

L’histoire du hip-hop en France

À Union Square, au milieu des adeptes de breakdance, un Français prend une véritable claque musicale. Le journaliste Bernard Zekri décide de lancer une tournée européenne, le New York City Rap Tour, pour faire connaître de nouveaux talents tels que Rock Steady Crew, Afrika Bambaataa, Grand Mixer DST et Futura 2000. Les murs du Bataclan en tremblent encore. Le terrain vague de la Chapelle est investi par ses premiers graffeurs et rappeurs, Dee Nasty et Mode 2 en tête. En 1984, l’émission H.I.P. H.O.P. animée par Sidney officialise en quelque sorte la naissance du hip-hop français.

Le hip-hop old school

New York devient un véritable laboratoire de nouveaux sons et le creuset de toutes les influences. Le hip-hop rencontre quelques machines, notamment la légendaire boîte à rythmes Roland TR-808, bien-aimée des beatmakers et des producteurs, et se frotte à l’électro. Le sampling, l’utilisation de morceaux d’autres musiques, s’améliore au fil du temps, les arrangements sont plus soignés et sophistiqués, les paroles deviennent plus conscientes, à l’instar des mots puissants de Grandmaster Flash. Le hip-hop des années 1980 prend alors un nouveau virage.

Le hip-hop new school

À partir de la moitié des années 1980, Run-D.M.C. et LL Cool J lancent une nouvelle forme de hip-hop, plus minimaliste, sur fond de boîte à rythmes, de rock et de paroles plus virulentes. Les formats, plus courts, commencent à faire sensation à la radio. L’album Licensed to Ill des Beastie Boys crée un précédent en 1986 en atteignant la première place des classements Billboard.

1980-1990 : l’âge d’or du hip-hop

Au fil du temps, l’importance du contenu s’intensifie, et le militantisme politique de groupes comme Public Enemy les propulse comme porte-paroles de toute une génération. L’album Fear of a Black Planet fait l’effet d’un raz-de-marée. L’année 1990 sera un pivot dans l’histoire du hip-hop : « l’année où le rap a explosé » selon Billboard. La culture hip-hop n’a plus à faire ses preuves.

L’apogée du rap français

Côté français, le hip-hop fait son petit chemin. De 1988 à 1990, Radio Nova consacre une émission entière au rap avec l’un des piliers du rap français, Lionel D, et Dee Nasty. De nombreux rappeurs comme Assassin ou Suprême NTM s’y mesurent et font découvrir leur flow en direct. À Marseille, en 1986, Akhenaton et Kheops forment avec NMB, MCP One et Sudio le groupe Lively Crew, qui deviendra IAM en 1989.

Les années 1990

Dans les années 1990, MC Hammer se hisse lui aussi à la première place des classements en apportant sa pierre à l’édifice. Son single, U Can’t Touch This, marque les mémoires. Le premier album de hip-hop dont il est issu devient disque de diamant, avec plus de 10 millions d’exemplaires. Dr. Dre, quant à lui, popularise le style gangsta rap de la côte ouest américaine. La rivalité entre East Coast et West Coast commence à se creuser, créant un climat de tension qui se traduit malheureusement par la disparition d’artistes dans les deux clans, Tupac et The Notorious B.I.G. Musicalement parlant, le Wu-Tang Clan et les Fugees dominent cette fin de décennie.

Les années 2000

Le hip-hop étend sa popularité en s’aventurant vers d’autres terrains, comme la pop, à partir des années 2000. Gnarls Barkley, par exemple, mêle funk, neo soul et hip-hop. Jay-Z et Kanye West incarnent la starification du mouvement. Un peu plus tard, côté français, le rap se démocratise largement, avec des représentants tels que PNL, Nekfeu, Orelsan ou Aya Nakamura en tête de classement. Les concerts de Jul ou Lomepal affichent complet dès l’ouverture de la vente des billets.

L’histoire du hip-hop, un mouvement total

Quelle est la différence entre rap et hip-hop ? À l’origine du rap, le hip-hop est un mouvement foisonnant. Il a exprimé sa rage, sa force, sa diversité, son inventivité à travers le graffiti dès la fin des années 70. Le breakdance accompagnait quant à lui les rythmiques saccadées des block party et permettaient aux uns et autres de se mesurer. De la même façon que le street art, un temps mal aimé, a fait son entrée dans les musées, la danse hip-hop connaît son heure de gloire. Le breaking, une nouvelle discipline sportive qui en descend directement, sera représenté pour la première fois aux Jeux olympiques de Paris en 2024. Toutes ces expressions artistiques font partie intégrante de l’histoire du hip-hop.

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